Nyerere traduisait Shakespeare en swahili.
Pourquoi nous publions en mashi.
Décoloniser la langue, c’est décoloniser l’esprit.
Julius Nyerere a traduit Jules César en swahili. Il l’a fait non par caprice, mais par conviction profonde : les grandes œuvres de l’humanité appartiennent à tous les peuples, quelle que soit leur langue.
Aujourd’hui, certains vous diront encore que le mashi n’a pas sa place dans un livre. Qu’il vaut mieux écrire en français pour être « pris au sérieux ». Qu’il n’existe pas assez de lecteurs en mashi pour justifier une publication.
Nous répondons : le mashi est parlé par des centaines de milliers de personnes dans le Kivu. C’est une langue ancienne, riche, précise, porteuse d’une mémoire collective unique. Elle exprime des réalités que le français ne peut pas toujours nommer.
Publier en mashi, c’est affirmer que cette langue a de la valeur. Que ceux qui la parlent méritent d’être lus, entendus, respectés. C’est refuser que la culture écrite reste l’apanage des seules langues coloniales.
C’est aussi un acte de résistance contre l’effacement culturel. Chaque fois qu’un livre paraît en mashi, c’est un message clair : notre pensée est légitime. Notre histoire mérite d’être transmise. Notre voix compte.
C’est pourquoi Nyerere Publishing publie en mashi, en lingala, en kirundi, en swahili, en kirega, en français et en anglais. Parce que chaque langue africaine est une porte vers le savoir — et nous voulons que toutes ces portes restent ouvertes.
