La femme, c’est l’eau — 8 mars

Monsieur Juste — TOMOKWABINI

TOMOKWABINI

Monsieur
Juste

La femme, c'est l'eau — 8 mars

Il sortit de mon cauchemar pour venir me dire, de vive voix, tranchée et rétractée, à la fois perceptible et inaudible dans cette réalité banale et maladive :
« Tu sais, Christian… » Je le coupai net : « Je ne m'appelle pas Christian maintenant. » Il reprit : « Tu sais, Christian Gombo… » Je l'interrompis de nouveau : « Actuellement, je ne suis ni Christian, ni Christian Gombo. »

Ses yeux s'agrandirent sous le poids de l'étonnement, et il me lança : « Tu sais, Christian Gombo Tomokwabini. » Je fis non de la tête avant d'ajouter : « Je ne suis pas ici ce moment en tant que Christian, ni Christian Gombo, ni Christian Gombo Tomokwabini. »

Excédé, il me lança furieusement : « Alors, qui es-tu actuellement ? Sheva ? L'écrivain maudit ? Kriss ? Nègre ? » J'éclatai de rire, car une telle question ne pouvait que faire sourire. Qui sait vraiment qui il est ? Qui ?

Je le tenais par l'épaule, comme pour le calmer. Son excitation négative était palpable. Je lui dis alors, droit dans les yeux : « Actuellement, je suis seulement dans la peau de Monsieur Juste. » Il répliqua immédiatement : « Tu sais, Monsieur Juste, que j'ai une vérité absolue. »

« La femme, c'est l'eau.
L'eau seule sait éteindre le feu.
L'eau peut étreindre le soleil sans se perdre. »

« Ah bon ! » dis-je, surpris. « Oui, » reprit-il avec une joie consumée, continuant : « La femme, c'est l'eau ! Oui, la femme c'est l'eau, parce que l'eau seule sait éteindre le feu. L'eau peut étreindre le soleil sans se perdre. Si toute l'eau de l'univers s'unit en bloc uniforme, il n'y aura plus de lumière partout dans l'univers. Et aujourd'hui, c'est leur journée. Je voulais, par toi, dire aux femmes qu'aucun pagne ne remplacera un préservatif. Des préservatifs en pagne n'excitent pas encore… »

C'est à ce moment précis, voulant réagir contre son discours, que je me suis réveillé. En me redressant, le jus de mon plus beau cactus semblait prendre vie dans les airs. La femme qui était alors avec moi le regarda longuement avant de se rhabiller, tout en souriant et en disant : « Tu vois bien que le plus grand avantage de toute femme de nuit, c'est que tu ne paies rien. Je viens quand tu veux, et je ne te demande jamais de l'argent. »

Elle avait déjà fermé la porte derrière elle, alors que je voulais lui dire : « Que toutes les femmes ne demandent pas de l'argent. Aujourd'hui, il y a des femmes qui vivent bien avec leur propre argent. Aujourd'hui, il y a des femmes qui prennent soin des hommes qu'elles aiment. Aujourd'hui, il y a des femmes qui se respectent et qui nous respectent… »

Et c'est ainsi que je réalisai, au fond de moi, que cette conversation, aussi absurde soit-elle, était une manière de rendre hommage à toutes les femmes. Car, en ce jour spécial, je voulais leur souhaiter une merveilleuse fête, à toutes les femmes du monde, célébrant leur force, leur beauté et leur sagesse. Et le plus beau cadeau à cette femme-soleil qui tourmente mon arme. Queue dis-je ! Mon âme !

TOMOKWABINI

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